Après six semaines de sélection vient le temps des éliminations. Entre d’interminables préliminaires et autres séquences d’autopromo, Manon et Ayelya ont ouvert le feu sur une mélodie anonyme qui leur a permis de crier plus fort l’une que l’autre. On pouvait rester devant son dessert. Ce soir, « La Mama » est morte une deuxième fois. D’ennui. Marina et Claudia, aux prestations fantomatiques et sans envergure, avaient la tête et la voix ailleurs. On pouvait prendre le café après avoir donné un léger satisfecit à Claudia.
La présentation d’Edu et Wesley a permis de vérifier qu’Obispo ressemble de plus en plus à André Pousse. Sur une chanson obsédante de Ben l’Oncle soul, la confrontation n’a pas manqué d’intérêt mais par son rythme et son agilité vocale, Wesley n’a fait qu’une bouchée de son adversaire. Cela dit, on pouvait s’attarder sur le pousse-café.
Garou n’a pas fait de cadeau à ses protégés en leur livrant en pâture l’immense « Sorry seeems to be the hardest word ». Changement de braquet immédiat et duel très émouvant ente Maximilien et Noémie. Deux extrêmes parfaitement complémentaires : la puissance contre la douceur, l’autorité contre la fragilité, les graves rauques contre les aigus cristallins. Parfaits tous les deux dans leur interprétation. Un excellent moment.
Gine (?) a ensuite éliminé Sarah : la tonitruante brune a triomphé de la tonitruante blonde, grâce à un peu plus de sensibilité et de nuances dans le chant. Autre registre, autres voix, un intéressant duo a opposé Caroline, la canadienne de service, et la ravissante Melissa, à l’agréable et chaleureuse voix grave. Elle aurait mérité la victoire pour sa sensibilité face à une chanteuse en tous points ordinaires. Elle a finalement été sauvée par le gong. Grand bien nous fasse. On avait oublié Julie et Alexia, dont on se demande encore comment elles ont franchi les auditions à l’aveugle. Après les avoir entendues lâchées sur du Lara Fabian, on se pose toujours la question...
A la semaine prochaine !
samedi 22 février 2014
samedi 15 février 2014
Les meilleures choses ont une fin
Les meilleures choses ayant une fin, c’étaient hier soir les dernières auditions à l’aveugle. Une session moyenne à vrai dire, où la tactique des coaches l’a parfois emporté sur la sincérité des choix.
En ouverture du bal, Mamido, choriste pro, a crié du Beyoncé sans retenue. Elle l’a pourtant été, retenue. Avant qu’un canadien sans goût et inutile ne débite du petit bois au péril de sa guitare pour la béate Jennifer. Younes a fait dans le raï selon les canons du genre. Syncopé, mais sans voix ni génie. Pourtant, la ravissante Laetitia a distillé en vain d’une voix étonnamment grave du Lana del Rey (« Summertime sadness ») avec grande classe. Allez comprendre.
Entretemps, il y eut l’ouragan Jacynthe. Une canadienne de plus, pensait-on, mais elle vaut la traversée et merci à elle d’être venue jusqu’à nous ! Epoustouflant d’énergie et d’originalité, son « The house of the rising sun » n’était pas sans rappeler Janis Joplin, le registre et les cheveux flamboyants en plus. Sensible, technique, puissante, cette jeune personne a tout pour aller loin après cette entrée fracassante…
La suite fut plutôt pâle. Kissamilé (pas de jeux mots, s’il vous plaît), bêlard sans intérêt, a glapi sur une chanson informe. Je plains son coach qui doit aimer quand l’aigu tourne à l’aigre. Au Portugal, on entend autant de fado que l’on mange de morue ou que l’on regarde de foot. La voix de Claudia Costa, grave et triste à souhait mais sans surprise, ne suscite pas plus d’émotion –mais c’est déjà beaucoup- que le grincement des vieux tramways en bois de Lisbonne. Ayelya a offert à Jennifer un « Next to me » d’une voix banale, inodore et sans saveur.
Pas facile d’interpréter « L’hymne à l’amour » quand on manque de coffre, surtout en tahitien. Mais Pagny a aimé la justesse de la voix enjôleuse de Teiva. Le beau gosse devra gagner en puissance et qui sait…
Enfin, artiste accomplie et lucide, Sophie Delmas a chanté de sa voix grave un air infâme de Lady Gaga avec une maîtrise et un professionnalisme reconnus in extremis par Pagny, lequel, preuve de bon goût, ne connaissait pas la chanson. Mika en aura-il été « suprenu » ? Bienvenue dans The Voice !
PS : consterné par la médiocrité du début de l’émission de la semaine dernière, je m’engage à en visionner la fin et d’y revenir ici si le besoin s’en fait sentir…
En ouverture du bal, Mamido, choriste pro, a crié du Beyoncé sans retenue. Elle l’a pourtant été, retenue. Avant qu’un canadien sans goût et inutile ne débite du petit bois au péril de sa guitare pour la béate Jennifer. Younes a fait dans le raï selon les canons du genre. Syncopé, mais sans voix ni génie. Pourtant, la ravissante Laetitia a distillé en vain d’une voix étonnamment grave du Lana del Rey (« Summertime sadness ») avec grande classe. Allez comprendre.
Entretemps, il y eut l’ouragan Jacynthe. Une canadienne de plus, pensait-on, mais elle vaut la traversée et merci à elle d’être venue jusqu’à nous ! Epoustouflant d’énergie et d’originalité, son « The house of the rising sun » n’était pas sans rappeler Janis Joplin, le registre et les cheveux flamboyants en plus. Sensible, technique, puissante, cette jeune personne a tout pour aller loin après cette entrée fracassante…
La suite fut plutôt pâle. Kissamilé (pas de jeux mots, s’il vous plaît), bêlard sans intérêt, a glapi sur une chanson informe. Je plains son coach qui doit aimer quand l’aigu tourne à l’aigre. Au Portugal, on entend autant de fado que l’on mange de morue ou que l’on regarde de foot. La voix de Claudia Costa, grave et triste à souhait mais sans surprise, ne suscite pas plus d’émotion –mais c’est déjà beaucoup- que le grincement des vieux tramways en bois de Lisbonne. Ayelya a offert à Jennifer un « Next to me » d’une voix banale, inodore et sans saveur.
Pas facile d’interpréter « L’hymne à l’amour » quand on manque de coffre, surtout en tahitien. Mais Pagny a aimé la justesse de la voix enjôleuse de Teiva. Le beau gosse devra gagner en puissance et qui sait…
Enfin, artiste accomplie et lucide, Sophie Delmas a chanté de sa voix grave un air infâme de Lady Gaga avec une maîtrise et un professionnalisme reconnus in extremis par Pagny, lequel, preuve de bon goût, ne connaissait pas la chanson. Mika en aura-il été « suprenu » ? Bienvenue dans The Voice !
PS : consterné par la médiocrité du début de l’émission de la semaine dernière, je m’engage à en visionner la fin et d’y revenir ici si le besoin s’en fait sentir…
samedi 1 février 2014
Du talent et de la lie...
Flo a inauguré cette session 4 de The Voice par un « Angie » très théâtral. « Mieux que Jagger » a dit Pagny. Mais ce n’est pas difficile... Du coffre dans les aigus, des graves assurés, le garçon peut aller loin à condition d’appendre à jouer de la guitare.
Lioan n’a que 18 ans mais de l’or dans la voix, du moins lorsqu’il cesse de parler et chante de sa voix rauque riche et rythmée, « Vintage », comme l’a dit Mika. Dommage pour lui d’avoir choisi Jennifer. Un aller simple pour les oubliettes emprunté par la petite Margie, riche de musicalité mais au chant trop linéaire. Elle gagnera de la puissance et des graves quand elle aura oublié ses 17 ans. Akram, frère aîné du pénible Atef (The Voice saison 1) a livré un « Still loving you » digne d’un baloche du samedi soir. Les camions-podiums lui feront un triomphe. « Tyfaine » (apparemment, ça existe) a chevroté d’une voix nasillarde un tube passe-partout sans aucun intérêt. Comme sa prestation. Grave erreur de casting avec « Les frérots de la Vega » qui ont, sans la moindre voix, honteusement massacré le sublime « Caroline » de MC Solaar.
Théo, 16 ans, a mieux chanté « Caravane » que Raphaël. Malheureusement pour lui, il ne l’a pas écrite. Eliminé. Grand succès, peut-être un peu survitaminé, pour Natacha Andréani. Débarrassée de quelques scories, la voix de cette angoissée de nature offre une belle matière première à condition que l’artiste prenne confiance en elle.
Wesley a mal démarré mais mieux fini « You raise me up ». On est loin des sommets, le garçon manque de puissance et de profondeur mais a laissé entendre de beaux sons dans les hauts et s’accompagne remarquablement au piano, tout comme la très intéressante Alexia, très « Jazz à minuit », comme le lui a reproché Mika. J’y vois plutôt un sacré compliment ! L’un et l’autre feront des progrès avec Pagny.
Mais un garçon surdoué a crevé l’écran avec « Sur ma peau ». Tout y était : voix rauque, puissance, rythme, aisance. Bruno Moreno fait figure de vrai pro face aux machines à chanter interchangeables dont les ondes nous inondent. Seul Pagny s’est retourné, ce qui ne surprendra personne.
(Pour la bonne bouche, Jennifer s’est brillamment illustrée en multipliant les erreurs d’appréciation, employant à contre-courant les notions de justesse, de puissance ou de subtilité. Il est vrai qu’en l’occurrence elle parlait d’or…)
samedi 25 janvier 2014
Du moins bon au meilleur
Troisième volet contrasté pour The Voice 3, du moins bon au meilleur. Jennifer s’est illustrée en faisant ses courses au rayon des nouilles : Florence, que ma mère a qualifiée de « Tartignolle », la « Petite Shadé » (rien que ça !) qui chantait faux, et un garçon inutile ânonnant « Ne me quitte pas », alors qu’on n’avait qu’une envie : qu’il nous quitte ! Une Élodie a tenté à l’ouverture de remplacer les Scorpions à elle toute seule, mais manquait singulièrement de piquant. Un prénommé Charlie a susurré « Que je t’aime » à la façon d’un boy scout chantant Yves Duteil. Je croyais pourtant que le programme s’appelait « The Voice »…
On passera sur des éliminés déjà oubliés, dont Douchka et sa voix de mezzo à laquelle on peut préférer les mezzés. Mélissa, déjà très pro, a chanté du Beyoncé avec un bon groove, mais sa voix acide a tendance à irriter les tympans. De toute cette joyeuse bande, on a surtout envie de revoir Quentin, un talent protéiforme habité par la musique, qui a totalement revisité « Wonderful life » a capella et au violoncelle, ainsi que Stacey King, interprète d’un rauque et sulfureux « Skyfall », qui sera à bonne école chez Pagny.
Enfin, deux stars ont illuminé le plateau. Outre d’être belle comme un soleil, la star libanaise Aline Lahoud a de l’or dans la voix et distille des pierres précieuses note après note. On a hâte de l’entendre dans un autre registre. Enfin, l’ouragan Fabienne Della-Monica, la gabonaise de Haute-Loire, a tout soufflé sur le plateau en magnifiant les vocalises de Pink Floyd. Son magnifique rire de gamine peut résonner dans nos belles montagnes et sa voix surpuissante bercer nos rêves les plus sauvages…
On passera sur des éliminés déjà oubliés, dont Douchka et sa voix de mezzo à laquelle on peut préférer les mezzés. Mélissa, déjà très pro, a chanté du Beyoncé avec un bon groove, mais sa voix acide a tendance à irriter les tympans. De toute cette joyeuse bande, on a surtout envie de revoir Quentin, un talent protéiforme habité par la musique, qui a totalement revisité « Wonderful life » a capella et au violoncelle, ainsi que Stacey King, interprète d’un rauque et sulfureux « Skyfall », qui sera à bonne école chez Pagny.
Enfin, deux stars ont illuminé le plateau. Outre d’être belle comme un soleil, la star libanaise Aline Lahoud a de l’or dans la voix et distille des pierres précieuses note après note. On a hâte de l’entendre dans un autre registre. Enfin, l’ouragan Fabienne Della-Monica, la gabonaise de Haute-Loire, a tout soufflé sur le plateau en magnifiant les vocalises de Pink Floyd. Son magnifique rire de gamine peut résonner dans nos belles montagnes et sa voix surpuissante bercer nos rêves les plus sauvages…
samedi 18 janvier 2014
Moins d'enthousiasme ?
Deuxième session beaucoup moins emballante que la semaine dernière pour The Voice 3.
La blonde filasse Sarah Jad a débuté sur une voix de gorge le somptueux « Etienne » de Guesh Patti avant de se (ré)chauffer un peu. Résultat quelconque et pas convaincant pour un sou. Le jeune Kenji, aux yeux baignés de soleil a livré quelques notes directement venues des Saintes-Maries. Il lui faudra se forcer un peu s’il ne veut pas se contenter de livrer de la paella et de la gardianne.
Une petite québécoise a fourni une interprétation très pro et très juste de « Ain’t no sunshine » sans (susciter) la moindre émotion, de même que le dénommé Amir a chanté un « Candle in th Wind » d’une pâleur de lavabo avec la puissance vocale d’Etienne Daho. Son choix de chanson démago a payé.
A l’inverse, la puissante Juliette Moraine a failli payer son choix très cher (« Jalouse ») mais a été justement sauvée par Pagny, qui s’est offert également Santo Barracato, le frère de Frédéric François, interprète d’un « O sole mio » digne de San Remo.
Beaucoup plus affligeant, le rouquin Eliott est né avec un déficit hormonal patent qui a rendu encore plus triste une chanson à faire pleurer des cailloux. Il finira avec Jennifer. Légitime punition, même s’il aurait mieux valu qu’il fasse son service militaire. Dans la même veine approximative, le jeune Gwendal, affligé d’une épouvantable coiffure afro sortie des 60’s, a enduit de guimauve le survitaminé « I am what i am » de Gloria Gaynor avec une rare platitude. Il a chanté juste, mais sans voix. Autrement dit juste sans voix.
Deux belles surprises en revanche avec Jérémy, excellent contre-ténor, et surtout la voix phénoménale du tout petit Maximilien, mélange de Joe Cocker et de Robbie Wiliams, à l’aise dans les graves comme dans des montées somptueuses et puissantes portée par une voix d’un rauque à faire pâlir un régiment de légionnaires en permission…
La suite samedi prochain !
La blonde filasse Sarah Jad a débuté sur une voix de gorge le somptueux « Etienne » de Guesh Patti avant de se (ré)chauffer un peu. Résultat quelconque et pas convaincant pour un sou. Le jeune Kenji, aux yeux baignés de soleil a livré quelques notes directement venues des Saintes-Maries. Il lui faudra se forcer un peu s’il ne veut pas se contenter de livrer de la paella et de la gardianne.
Une petite québécoise a fourni une interprétation très pro et très juste de « Ain’t no sunshine » sans (susciter) la moindre émotion, de même que le dénommé Amir a chanté un « Candle in th Wind » d’une pâleur de lavabo avec la puissance vocale d’Etienne Daho. Son choix de chanson démago a payé.
A l’inverse, la puissante Juliette Moraine a failli payer son choix très cher (« Jalouse ») mais a été justement sauvée par Pagny, qui s’est offert également Santo Barracato, le frère de Frédéric François, interprète d’un « O sole mio » digne de San Remo.
Beaucoup plus affligeant, le rouquin Eliott est né avec un déficit hormonal patent qui a rendu encore plus triste une chanson à faire pleurer des cailloux. Il finira avec Jennifer. Légitime punition, même s’il aurait mieux valu qu’il fasse son service militaire. Dans la même veine approximative, le jeune Gwendal, affligé d’une épouvantable coiffure afro sortie des 60’s, a enduit de guimauve le survitaminé « I am what i am » de Gloria Gaynor avec une rare platitude. Il a chanté juste, mais sans voix. Autrement dit juste sans voix.
Deux belles surprises en revanche avec Jérémy, excellent contre-ténor, et surtout la voix phénoménale du tout petit Maximilien, mélange de Joe Cocker et de Robbie Wiliams, à l’aise dans les graves comme dans des montées somptueuses et puissantes portée par une voix d’un rauque à faire pâlir un régiment de légionnaires en permission…
La suite samedi prochain !
samedi 11 janvier 2014
La saison 3, ça décoiffe !
Les années passent et le niveau monte. Et quelle audace dans les choix musicaux des jeunes talents, s’attaquant notamment à Prince ou Stromae ! Personne n’a démérité. Linda Lee Hawkins a sans doute été éliminée à cause d’un mauvais choix de chanson : elle aurait davantage brillé sur « Happy days », dommage. Pour le reste, une grande variété de savoir faire ou plutôt de savoir chanter. Côté moins bien, la nouvelle chouchoute, la très bêtasse Marima a revisité « Papa où t’es » sans apporter aucune valeur ajoutée et au prix de plusieurs fausses notes qui ont réveillé mon chien. Pour le moment, ce n’est qu’une hurleuse comme on en entend souvent.
La forte personnalité de la jeune Leïla a en revanche sensiblement bonifié « Caravane » tandis que la réunionnaise Emma a littéralement déchiré sur « Purple Rain ». Plus torturée mais puissante, Manon a livré une version convaincante de « Formidable ». Pierre-Edel a interprété « The house of rising sun » avec à la fois métier et personnalité, tout comme Julie qui sur le redoutable « Underwater » de Mika, s’est tirée comme dans un rêve de cet air quasiment inchantable.
A noter aussi le très surprenant Igit, qui a surchauffé le public sur un « Fever » sorti tout droit de la braise avec une voix de vieux roublard qui aurait parcouru le monde. Enfin, révélation incroyable que Spleen, indicible de talent et de potentiel. Mika l’a comparé à un toro de combat, Pagny a dit de lui qu’il était « le Basquiat de la musique ». Ils sont l’un et l’autre dans le vrai. La compétition s’annonce rude…
Côté ambiance générale, plus divertissant que ce bon vieux Bertignac, le très charmant Mika a authentiquement fait le show, distillant de délicieuses fautes de français qui confortent son allure de faux ingénu torturé. Quant à Pagny, il a d’emblée mis un bain à ses petits camarades sur Bohemian Rhapsody. No comment…
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